Des émotions. De la beauté. Beaucoup de talent aussi. Voici ce que l’on peut ressentir quand on découvre le travail de Gard Diop. C’est par sa collaboration avec Charaf Tajer et la marque Casablanca, en mannequin, mais surtout avec de magnifiques dessins, qu’il s’est révélé il y a peu à de nombreux regards, dont le nôtre. Après quelques recherches, en allant sur son compte Instagram puis en discutant avec lui, il a paru évident que l’on avait à faire à une belle âme, et à un véritable poète de l’art.

Nous avons ainsi voulu en découvrir plus sur Gard Diop, sur ce qui l’anime, et sur son univers culturel, riche et inspirant.

@kenasi_5555
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Peux-tu nous en dire plus sur toi ?

 

Je suis né en Occident, au début des années 90’ à Paris, entre Ménilmontant et Nation. J’ai eu un parcours scolaire des plus banals, quelque peu tourmenté, avec très peu d’enthousiasme pour le système scolaire malgré les efforts de mes parents. Néanmoins, la rencontre de Laurent Corvaisier, mon professeur de dessin, m’a incité à poursuivre dans la voie des arts graphiques. Décision que je prendrais plus tard dans mon parcours de vie, tout en laissant la porte ouverte à bon nombre de moyens d’expression.

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As-tu une formation artistique ou es-tu autodidacte ?

 

Je n’ai pas de formation artistique à proprement parler, hormis une formation en sérigraphie. Mais le dessin a toujours eu une place dans ma vie dès lors que j’ai su tenir un crayon. Les quelques cours de dessin que j’ai pris lorsque j’étais enfant ont certainement contribué à galvaniser ma soif dans ce domaine.

 

Quelles sont tes références et inspirations en matière d’art, mais aussi de mode, de musique, de littérature ou de cinéma ?

 

Ce sont la passion et l’engouement qui me donnent l’élan de traiter certains sujets. C’est cette étrange impulsion, ce sentiment, ou ressenti qui me pousse à commencer mes illustrations. C’est indéniablement l’élément essentiel pour arriver jusqu’au résultat que je souhaite, et de la manière la plus authentique. Fondamentalement, je pense que tous les sujets que je traite sont en résonance avec qui je suis.

 

Pour ce qui est de mes références, en art, j’admire le courant impressionniste, même si mon travail ne le reflète pas de manière évidente. Je peux avoir beaucoup d’intérêt pour le travail d’un Édouard Manet ou un encore d’un Toulouse Lautrec. À côté de ça, j’ai aussi une tendance à aimer l’époque de l’Art nouveau, en ce qui concerne les arts européens.

 

Mais beaucoup plus tôt dans mon enfance, et toujours à ce jour, mon regard est tourné vers l’art de l’Égypte antique ainsi que la période sumérienne en Mésopotamie. Je ne réduis pas ces civilisations à de simples domaines artistiques. Mais franchement, qui peut rester insensible à l’art et au symbolisme occulte de telles civilisations ? À propos de cette même Égypte, je recommanderais aux lecteurs la lecture du livre d’un grand égyptologue et scientifique d’origine sénégalaise du nom de Cheikh Anta Diop ; « Nation Nègres et Culture ». Pour finir, j’ajouterais que je porte aussi un regard sur l’art d’Extrême-Orient. Étant donné que je suis né d’une mère japonaise, c’est un monde qui m’est familier.

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Tu as l’air passionné de jazz, de hip-hop, mais aussi de beaucoup d’autres choses… Peux-tu nous en parler ?

Effectivement, le jazz a une place centrale dans ma vie. Selon moi ces quatre lettres vont bien au-delà d’un genre musical : c’est quelque chose qui encense totalement mes cellules et qui s’accorde avec mon âme… Je ne me souviens pas exactement lorsque je m’y suis intéressé pour la première fois, cela doit remonter au début de mon enfance. Ce qui est certain, c’est que mes goûts musicaux sont fortement influencés par cette source originelle qu’est le jazz. Qui se décline ensuite par la musique soul, la bossa nova de Antônio Carlos Jobim, ou encore le hip-hop dans sa forme plus underground.

 

Je suis un grand fan de « Jay Dee » aka J-Dilla, avec le groupe mythique Slum Village. Mais je citerai évidemment aussi MF DOOM, qui nous a quitté récemment à mon plus grand regret. Il me tarde de tous leur rendre hommage en peinture…

 

As-tu d’autres projets ou collaborations à venir ?

 

Après cette série sur le jazz, et les artistes hip-hop de la scène new-yorkaise, oui. Je pense me focaliser sur les émergences culturelles d’autres continents. Notamment certaines figures importantes du XXe siècle et aussi du XXIe siècle ? Je n’en dirai pas plus ! Surprise… Il y a encore énormément de sujets que j’aimerais traiter.

 

Peux-tu nous parler de ta collaboration avec Charaf Tajer et Casablanca, comment cela est arrivé et de quelle nature est-elle ?

 

Ma rencontre avec Charaf Tajer s’est faite dans le cadre du mannequinat. J’ai eu l’occasion de défiler à plusieurs de ses présentations. Et puis un beau jour, il cherchait un peintre aquarelliste pour sa marque Casablanca. C’est comme ça que notre collaboration a commencé. Nous avons eu l’occasion par la suite de faire des voyages d’inspiration. Notamment en Italie ou encore à Hawaï, ce qui m’a grandement aidé à me familiariser avec l’univers de la marque. Les voyages font aussi partie du processus de recherches et de développement de la collection.

 

De nouvelles choses bientôt avec Casablanca ?

 

Très certainement, j’invite les lecteurs à s’informer sur les prochaines collections à venir pour en savoir plus.

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